Les murs d’Abricoop : une membrane organique ?

La propriété privée est la base du capitalisme. Les murs de la propriété sont des murs bien solides et bien durs et ne tolèrent aucune extension au risque de s’effondrer. Ici c’est « chez moi » et ici c’est « chez toi ». La distinction règne. Et si on cherche à dépasser la limite de notre « propriété privée » les ennuis commencent !

Et les murs d’une coopérative d’habitants ?

Je n’avais pas imaginé qu’ils ressembleraient plus à une membrane organique qu’à des murs en dur.

J’en viens d’en faire l’expérience avec la venue de notre fils pendant la période de reconfinement.

Puisque obligé de télétravailler, il nous demande s’il peut venir se confiner chez nous. (A Paris il resterait bien isolé).  

Alors, oui bien sûr, mais l’appartement de 50 mètres carrés risque d’être un peu petit pour nous contenir tous les trois avec nos différentes activités pendant ce temps long. 

Cet appartement c’est « chez moi », ou plutôt « chez nous » à Patrick et moi. Mais il y a un autre « chez nous » plus extensible : les chambres d’amis ! Elle ne seront pas utilisées durant tout ce temps…Confinement oblige.

Voilà. Notre jeune adulte de fils peut s’installer le temps du reconfinement dans ce « chez nous » là. Il a sa part d’indépendance : clé individuelle de chambre d’amis. De plus, il profite de la générosité de Cécile, absente le temps du confinement, qui lui prête son appartement pour en faire son bureau ! Il vient nous voir pour partager nos repas et des moments conviviaux et a sa vie indépendante pour travailler et, quand il le souhaite, se retrouver seul ou profiter de la vie de la coopérative. La compagnie est de tous âges : de 1 à 83 ans…Le choix est grand.

En fait, c’est bien mieux qu’à « la maison », notre propriété individuelle qu’on a hésité à quitter « à cause des enfants » qui risquaient de venir nous voir de temps en temps. Le reste du temps tout cet espace était inhabité et replié sur lui-même avec comme unique compagnie deux parents vieillissants. Mais comment allait-on les accueillir dans nos 50 mètres carrés ? 

Imbus de la religion capitaliste, on ne pouvait pas imaginer l’effet de « matrice » d’une coopérative d’habitants : les murs  sont extensibles et remplis de « chez nous ».

Marie-Ange

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