« Les coopératives d’habitants, méthodes, pratiques et formes d’un autre habitat populaire ».

Un autre ouvrage, mais plus universitaire celui-là :

Les coopératives d’habitants sont-elles les outils de l’abondance qui, en ce début de XXIème siècle, sauront répondre à l’échelle de notre continent européen, aux défis et aux incertitudes qui pèsent lourdement sur l’habitat populaire ? Constituent-elles la solution équitable, l’avantage rationnel (J.Rawls), en mesure de répondre au désajustement qui perdure et s’aggrave entre une offre de logements issue du secteur privé ou social et des demandeurs considérés comme « non banquables », au regard des critères établis par le marché immobilier ? S’agit-il ici pour les précaires, les chômeurs, les travailleurs pauvres, les populations migrantes et les classes moyennes désolvabilisées par la « main invisible du marché », d’une formule du troisième type ou plus précisément, d’une autre voie possible pour le logement populaire ?

En dépit de données quantitatives qui demeurent modestes – pour illustration, quelques milliers de logements coopératifs en Italie depuis la fin des années 90 et quelque 60.000 logements coopératifs édifiés au Québec depuis le début des années 70 – la réinvention des coopératives d’habitants donne à voir des modes de fabrique alternatifs à la conception d’un logement populaire qui apparaît largement dépassée, tant dans sa vision quantitative et fordiste que dans son acception marchande.

Pour le commander .

« Vivre autrement : écovillages, communautés et cohabitat » de Diana Leafe Christian

Présentation de l’éditeur : Devant l’incontestable urgence de changer notre mode de vie, de plus en plus nombreux sont ceux qui se tournent vers des alternatives , comme les cohabitats, les écovillages et les communautés intentionnelles. La vie en communauté est un choix parfois difficile, mais intelligent, qui permettra à de plus en plus de gens de rejeter le système égoïste de l’« auto-boulot-bungalow » et de vivre en harmonie avec l’environnement et avec leurs valeurs. Broché 14 x 21,5 – 448 pages

Biographie de l’auteur : Diana Leafe Christian est depuis 1993 la rédactrice en chef du magazine Communities, la plus importante ressource pour les communautés intentionnelles (des coopératives urbaines aux communes rurales) en Amérique du Nord. Elle donne des conférences et des ateliers de formation sur la fondation d’écovillages et de communautés intentionnelles. Elle est membre de l’écovillage Earthaven en Caroline du Nord.

« Habitat groupé » de Christian La Grange

Présentation de l’éditeur : Si la crise du logement vous concerne, si vous désirer retrouver de la convivialité et réduire votre impact sur la planète, alors il est temps d’envisager l’habitat groupé. Ce mode de vie permet de respecter chaque privé tout en restaurant l’esprit de coopération qui existait dans les villages autrefois. Le principe est simple : il s’agit de mettre en commun des biens, des équipements ou des compétences afin de créer un habita écologique et chaleureux. Cette forme d’habitat, très répandue dans les pays du Nord, commence à apparaître sous nos latitudes et d’adapte à la ville comme à la campagne. Alors, avant de vous lancer dans l’aventure, profitez de l’expérience de Christian La Grange. Afin de vous aider dans vos démarches, il présente son parcours, émaillé de multiples témoignages. De façon très réaliste, il insiste sur les conditions du succès sans omettre les informations pratiques, juridiques ou financières.

Biographie de l’auteur : Christian La Grange est architecte d’intérieur. Apôtre de la simplicité volontaire, il s’est spécialisé dans un habitat dépouillé et économe. Depuis vingt-cinq ans, il vit en habitat groupé. C’est un mode de vie qu’il connaît, qu’il apprécie et qu’il souhaite faire partager.

« Cohabiter pour vivre mieux » de Geneviève Lefebvre et Marthe Marandola

Habiter à plusieurs, c’est-à-dire louer, acheter, construire ou rénover, permet d’accéder à des logements plus spacieux et mieux situés tout en faisant des économies. C’est aussi choisir un mode de vie où la liberté individuelle et l’entraide s’équilibrent. Il s’agit, en effet, de réinventer l’enchantement du lien dans un esprit de communauté qui respecte l’intimité : ainsi le cohabitat ou « cohousing » est déjà une réalité au Danemark depuis plus de trente ans.

Cela permet d’habiter chacun chez soi mais de gérer ensemble des espaces communs : jardins, salles de jeux, de réunion, chambres d’amis… A la ville comme à la campagne, on choisit de passer sa soirée tranquille ou de cuisiner ensemble ; on peut alterner les gardes d’enfants, se prêter assistance pour les petits travaux, partager des outils, des machines, les voitures, se parler, se soutenir, vivre solidaires. Jeunes parents, célibataires ou retraités, pour tous, le cohabitat offre une solution pour échapper à la surcharge de travail, à l’endettement, à l’isolement. Dès le départ, le groupe de futurs habitants imagine sa façon de vivre au quotidien et, pour certains, de travailler ensemble en mutualisant leurs forces.

Vivre ensemble en protégeant les intérêts personnels : c’est possible et c’est aujourd’hui un mouvement de fond. Ce livre explique ce concept et donne les outils pratiques pour y parvenir. Comment monter son projet, avec qui, sur quelles bases de communication et de démocratie, pourquoi les différences deviennent des atouts supplémentaires, quelles questions se poser, quel cadre juridique imaginer…

Urbanistes, architectes, maires, décideurs, simples citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre qu’on ne peut plus vivre dans l’indifférence et le gâchis écologique. Le vivre ensemble contemporain c’est se soucier de soi et de l’autre, limiter la pollution, imaginer une vie plus libre.

Actu.fr Toulouse. Dans les coulisses du plus gros projet d’habitat participatif de France

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Toulouse. Dans les coulisses du plus gros projet d’habitat participatif de France

Mercredi 20 juin, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a inauguré le plus gros projet d’habitat participatif de France, dans le quartier de la Cartoucherie. Visite guidée.

Le projet d'habitat participatif de la Cartoucherie est le plus important de France.
Le projet d’habitat participatif de la Cartoucherie est le plus important de France. (©Actu Toulouse/Anthony Assémat)

L’habitat participatif, c’est comme le bon vin : il mûrit avec le temps. Il a fallu près d’une dizaine d’années pour que naisse, et se développe pas à pas, le projet de la résidence « Aux 4 vents », à la Cartoucherie. C’est dans ce quartier de l’ouest toulousain, entre les Arènes et Purpan, où sont attendus 3000 logements et près de 10 000 habitants dans les prochaines années, qu’a été inauguré le projet d’habitat participatif le plus important de France, mercredi 20 juin 2018, en présence du maire Jean-Luc Moudenc.

De 6 mois à 95 ans !

Avec 89 logements (du T2 au T5) et 152 habitants, le projet est porté conjointement par les associations Abricoop et Aux 4 Vents Toulouse, la mairie de Toulouse et le Groupe des Chalets, qui a réalisé trois des quatre immeubles de ce programme innovant. Francis Blot fait partie des pionniers du projet des « 4 Vents ». Il raconte son évolution :

La réflexion a connu une accélération en 2013, période où l’on a commencé à concevoir des espaces collectifs, à définir le type de logement. Puis nous nous sommes constitués en association. Sur les 152 habitants, on a 18 nationalités, et des personnes âgées de 6 mois à 95 ans ! ».

Salle collective, buanderie, ateliers…

Ici, pas de grande maison où l’on partage les pièces. Chaque foyer a son propre logement, mais des parties communes ont été aménagées pour faire vivre la communauté. Salle polyvalente, salle collective de jeux et de détente utilisée selon un planning précis (le programme des matchs de la Coupe du monde et les pronostics des habitants sont affichés en bonne place !), buanderie, salle d’ateliers créatifs et de bricolage (où les photos des habitants s’exposent sur les vitrines), un jardin en îlot, une salle de musique, une cuisine…

Les habitants sont reliés par un fil d’Ariane qui a tendance à se perdre dans des résidences plus classiques : la solidarité.

Francis Blot explique les différences majeures entre un projet d’habitat participatif comme celui-ci et la vie d’une résidence lambda :

Je vois deux différences majeures, et deux atouts, dans l’habitat participatif. D’abord, on se connaît tous et une réelle solidarité existe entre nous. Les habitants mettent leurs forces et leurs compétences en commun. Par exemple, une prof de yoga donne des cours tous les mardis soirs, et une personne spécialiste des arts martiaux, idem. Une dame a même installé son trampoline au milieu du jardin partagé, où les enfants se donnent rendez-vous ».

 >> Francis Blot, l’un des piliers du projet toulousain, nous parle de ce projet de la Cartoucherie <<

La singularité d’Abricoop

Dans le projet de la résidence aux 4 Vents, l’association Abricoop (ex-La Jeune Pousse) porte une voix un peu singulière. Stéphane occupe l’un des 17 logements de l’immeuble, qui a la particularité architecturale d’être fabriquée en bois, et de consommer 20% d’énergie en moins. Il est tombé sous le charme du projet. « Cela crée du lien social. Les personnes sont sensibles au vivre-ensemble et à l’écologie ».

Stéphane, l'un des habitants de la résidence des 4 Vents, à la Cartoucherie.
Stéphane, l’un des habitants des 4 Vents, dans la salle collective de la résidence. (©Actu Toulouse/Anthony Assémat)

Non-spéculation sur les parts sociales, trois chambres d’amis en commun et solidarité financière sont la valeur ajoutée d’Abricoop. Sur ce dernier point, avec 12 logements sociaux sur les 17, le montant du loyer est fixé en proportion du quotient familial de chaque foyer pour l’équilibre général. Ainsi, pas d’exclusion : les personnes pauvres ou à haut revenu sont acceptées.

                        >> Thomas, habitant de l’immeuble d’Abricoop, nous parle de la singularité de l’immeuble dans le projet <<

L’esprit de l’habitat participatif a du succès, le turn-over est faible. Pour intégrer Abricoop, il existe même une liste d’attente.

Nouveau programme d’accession à la propriété

Mais avant de s’engager dans ce projet, la notion de propriétaire peut virer au mirage. Si 44 logements ont été créés pour de location-accession, et 5 en Vefa (Vente en état futur d’achèvement, soit l’achat du neuf sur plan), 23 d’entre eux ont été réservés pour un fonctionnement un peu nouveau : la Société civile immobilière d’accession progressive à la propriété (SCIAPP).

Explications avec Jean-Paul Coltat, le directeur général du Groupe des Chalets, qui gère deux autres projets d’habitat participatif dans la région toulousaine (Maragon-Floralies à Ramonville et Vidailhan à Balma-Gramont) :

Ce montage permet à des personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire d’entrer dans un processus d’accession progressive à la propriété. La personne acquiert progressivement, sur 40 ans, des parts sociales de la SCI propriétaire de l’immeuble. Les accédants sont ainsi membres associés de la SCI, et accédants progressifs. Et ces parts sont cessibles à tout moment et transmissibles en succession ».

L'association Abricoop gère un immeuble de 17 logements, avec 20% de baisse sur la consommation électrique.
L’association Abricoop gère un immeuble de 17 logements, avec 20% de baisse sur la consommation électrique. (©Actu Toulouse/Anthony Assémat)

Un projet trop gros ?

Mais avec plus de 150 personnes, la notion d’habitat participatif, qui s’est construite ces dernières années à Toulouse sur une multiplication de projets plus modestes, à taille humaine, n’est-elle pas dénaturée ? « Avec 89 logements, le consensus ne se construit pas facilement. Des gens peuvent être impatients, c’est vrai. Mais c’est une belle aventure qui se construit sans cesse. On verra », répond Francis Blot.

Bel exemple d’intégration

La résidence des 4 Vents pourrait également servir d’expérimentation sociétale. Enrique est le papa de Jérémy, une personne trisomique de 35 ans, qui travaille à la mairie de Toulouse. Il a trouvé dans le projet de la Cartoucherie un moyen d’intégration presque inespéré pour son fils. « J’ai participé au début du projet. En choisissant l’architecte et en adaptant le logement, on a pu faire une salle de bain adaptée et un logement où mon fils a choisi la couleur, la déco », explique Enrique.

Intégration et d’autonomie comme effets insoupçonnés de l’habitat participatif ? C’est oui, pour Enrique. « Ce type de logement, concerté au départ, est l’avenir pour les personnes porteuses de handicap », conclut, ému, le père de famille.

Inauguration de l’habitat participatif 4 vents – 20 juin 2018

Sources et crédits photos : Groupe des Chalets- Christophe PICCI. >> Voir Dossier de presse

L’inauguration de l’habitat participatif des 4 vents s’est déroulée le 20 Juin dernier en présence de :

  • Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole,
  • Marthe Marti, Adjointe du quartie Casselardit – Fontaine-Bayonne, Cartoucherie (secteur Rive Gauche),
  • Régis Godec, élu municipal, adjoint au maire de Toulouse, en charge des écoquartiers dans la précédente municipalité,
  • Julien Klotz, Conseiller Départemental
  • Leslie Gonzales, gérante de Seuil Architecture, architecte du bâtiment Abricoop
  • et de nombreux élus, partenaires et habitants.

Récit d’une préparation

C’est un moment important pour nous après 5 années de réunions, d’incertitudes, de rebondissements, de travaux qui n’en finissent pas…

Nous avons une crainte, cette inauguration doit être la nôtre, nous craignons d’être noyés sous le flot des discours officiels. Très vite, nous sommes rassurés (avec nos amis des autres immeubles) après la première rencontre avec Brigitte Delorme du service communication des Chalets. Nous avons carte blanche pour organiser cette fin d’après midi.

Véronique (de l’immeuble3) propose que l’on prenne en photo tous les habitants afin d’orner les baies vitrées du rdc, les chalets acceptent de financer cette dépense. Puis nous proposons d’organiser, pour les officiels, la visite d’Abricoop et des trois autres immeubles. Enfin pour le lunch ,nous proposons de faire travailler une association d’insertion du quartier, la mairie fournissant les boissons.

Le Jour J

Arrive le grand jour : premier point positif, il fait beau, à 18h tout est en place, sono, estrade pour les discours…Monsieur le maire arrive pile à l’heure, je suis chargé de faire visiter notre immeuble, secondé par Leslie notre architecte. Tout se passe bien sauf quand j’oublie que j’ai un micro en main ! Puis je passe le relai à Véronique pour la visite des autres immeubles des 4 vents

Nous avons ainsi pu faire visiter nos espaces communs mais aussi privatifs à cette belle délégation !

Message passé !

Et c’est le temps des discours : nous avons décidé de faire un discours à plusieurs voix : pour l’ensemble de l’îlot, c’est l’aspect « diversité humaine » des habitants qui est mis en avant, pour Abricoop, l’aspect plus « politique » des enjeux des coopératives d’habitants. Nous en profitons pour rappeler aux élus que l’habitat participatif et les coopératives d’habitants ont besoin de leur engagement pour se développer. Ainsi, cet événement a été pour nous l’occasion de rappeler à M. Le Maire l’importance du soutien des collectivités pour voir se développer des projets d’habitats participatifs et de coopératives d’habitants sur la métropole Toulousaine.

L’envergure de ce nouveau programme immobilier lui a valu d’être relayé dans les médias nationaux, notamment en novembre dernier dans un reportage de Zone Interdite, l’émission télévisée diffusée sur M6. Mais aussi tout récemment : le 4 juin dernier dans son JT de 13h, France 2 a présenté le programme et son principe d’accession participative. 

Notre discours inaugural

Au sein de cet îlot, un immeuble est un peu différent des trois autres, issu de plus de 10 ans de coopération. Nous avons sous les yeux la première coopérative d’habitants de Toulouse, et la première de France dans une ville-centre.
Associés de la Jeune Pousse, devenus coopérateurs d’Abricoop, nous avons tenu à prendre nous-mêmes toutes les grandes décisions, du choix du quartier à celui de nos équipes d’architectes en passant par nos accompagnatrices. Les habitants ont ainsi conservé la maîtrise d’ouvrage durant toute la conception.

Nous avons reçu le soutien de Toulouse Métropole à plusieurs reprises, que ce soit pour la proposition d’un foncier en écoquartier, la garantie financière de notre emprunt social ou encore la charte nous autorisant à financer seulement 10 places de stationnement pour 17 logements.
Sans le soutien financier de l’ADEME et de la Région pour aider un bâtiment particulièrement économe, mais aussi de la CARSAT et d’AG2R-la Mondiale pour le maintien à domicile des retraités dans les meilleures conditions, cet immeuble aurait eu bien du mal à voir le jour.
De même sans le partenariat sincère noué au fil du temps avec le Groupe des Chalets et le groupement de Seuil Architecture.
La Fondation de France et de nombreux donateurs ont encore apporté leurs petites pierres à l’édifice.

Mais l’enjeu n’est pas tant d’avoir concrétisé ce projet ambitieux. Cet immeuble n’est qu’une brique ! A quoi servirait-il de n’organiser une mixité pérenne, de revenus comme d’apports, qu’à l’échelle de 17 logements ? Quel sens y aurait-il à sortir des prix spéculatifs du foncier et de l’immobilier un immeuble seulement ?
En 10 ans, plus de 200 ménages sont passés par notre groupe, donnant une idée de l’engouement pour cette utopie concrète.
De nombreux Toulousains montrent leur enthousiasme pour sortir de l’alternative binaire entre location et propriété quand une troisième voie leur est proposée.

En coopérative comme en location ou en propriété, nous rencontrons une demande forte du grand public pour l’habitat participatif, et l’offre fait défaut. 200 visiteurs sont venus aux journées portes ouvertes de l’îlot Aux 4 Vents le
mois dernier. Plusieurs groupes se montent dans l’agglomération, mais rencontrent encore d’importantes difficultés.

Nous encourageons donc Toulouse Métropole :

  • à travers le PLUIH, à réserver sur toute nouvelle ZAC, mais aussi dans le diffus, des parcelles consacrées à des projets d’habitat durablement participatif et mixte socialement. Un engagement concret consisterait à réserver d’autres terrains sur la 2ème et la 3ème tranche de l’écoquartier Cartoucherie.
  • à ré-adhèrer au Réseau National des Collectivités pour l’Habitat Participatif et à y tenir toute sa place, notamment pour aider notre mouvement à obtenir de l’Etat les évolutions réglementaires et fiscales encore nécessaires.
  • à continuer à garantir financièrement les emprunts sociaux souscrits par les coopératives d’habitants.
  • à leur proposer des baux emphytéotiques afin d’en diminuer les coûts au profit de l’écologie et du social, en conservant la maîtrise du foncier.
  • à faciliter la concrétisation des projets portés par les groupes spontanément organisés.

Citoyens engagés pour une ville du bien-vivre ensemble, nous avons à cœur de coopérer avec les institutions pour que  notre réalisation soit le début d’un large mouvement, dans la métropole toulousaine et au-delà !

 

La Dépêche : Ils habitent l’immeuble qu’ils ont conçu ensemble

En lire plus sur le site de La Dépêche 

Les habitants de l'îlot d'habitat participatif «Aux Quatre Vents», à la Cartoucherie, ont commencé à emménager en janvier 2018. Au sein de l'îlot, la coopérative d'habitants Abricoop, créée il y a plus de 10 ans, a entièrement conçu son immeuble de 17 logements. Ils partagent cuisine, chambres d'amis, salle de musique ou encore de bricolage./ DDM, Didier Pouydebat
Les habitants de l’îlot d’habitat participatif «Aux Quatre Vents», à la Cartoucherie, ont commencé à emménager en janvier 2018. Au sein de l’îlot, la coopérative d’habitants Abricoop, créée il y a plus de 10 ans, a entièrement conçu son immeuble de 17 logements. Ils partagent cuisine, chambres d’amis, salle de musique ou encore de bricolage./ DDM, Didier Pouydebat

Les habitants du plus grand projet d’habitat participatif de France, à la Cartoucherie à Toulouse, ont emménagé. Ils ont chacun leur appartement, et partagent de multiples espaces communs. Visite guidée.

«Aujourd’hui, c’est une vie rêvée, explique Ludovic, trois enfants, qui a quitté sa maison de Cugnaux pour un T6 duplex. J’en avais marre de la voiture. Maintenant je mets 10 minutes pour aller au travail à vélo. J’aide mes voisins les plus âgés pour les courses, et eux peuvent me garder les enfants. On partage les outils, les chambres d’amis, et puis il y a cette grande pièce à vivre de 55 m2 au rez-de-chaussée». Tireuse à bière allumée, frigo branché, chacun a apporté chaises, tables, canapés venus de leur ancien «chez soi» pour meubler la pièce. Un planning est affiché pour les fêtes d’anniversaire et autres repas de famille.

Devenus des amis au fil des années de maturation du projet, les «Abricopains» inventent un nouveau mode de vie urbain. Sur le toit terrasse, ils ont fait installer une cuisine d’été, et vont installer une pergola, et peut-être accueillir des ruches pour faire leur propre miel. Avec les 72 autres appartements de l’îlot, ils vont partager l’entretien du jardin central. De vastes parkings à vélo, couverts, sont en cours d’aménagement. «On se prête aussi les voitures. On n’a que 9 places de voiture pour 17 appartements. On utilise déjà beaucoup Citiz, le service d’autopartage toulousain», explique Thomas. Pour Jean, le doyen de l’immeuble ou Michèle, qui a quitté sa maison de Pinsaguel, Abricoop est un moyen de vivre «en famille», d’être constamment stimulés et de ne pas rester «dans son coin». Onze des «Abricopains» sont des personnes seules, mais dans la coopérative, elles ne le sont plus vraiment.

Abricoop, c’est un groupe d’habitants ayant décidé de mutualiser leurs ressources pour concevoir, réaliser et financer ensemble leur logement. Tous ont choisi l’architecte, travaillé à l’aménagement des lieux, et investi chacun de l’argent pour la construction de l’immeuble. Ils sont locataires de leur appartement (du T2 au T6, loyers de 1 100 € maximum), et propriétaires collectivement de l’immeuble. Un nouveau départ..


Le chiffre : 89

logements > Habitat participatif. La résidence «Aux Quatre Vents», quatre immeubles de l’écoquartier de la Cartoucherie, comprend 89 appartements d’habitat participatif. La coopérative d’habitants Abricoop occupe 17 logements dans un des immeubles.


Portes ouvertes le 26 mai

À l’occasion des Journées européennes de l’habitat participatif, la résidence «Aux Quatre Vents» ouvre ses portes au grand public dans l’écoquartier La Cartoucherie, au 3 rue du docteur Suzanne Noël à Toulouse, à partir de 11 heures. Ce sera l’occasion de visiter des logements et l’ensemble des pièces communes que partagent les quelque 250 habitants de l’ensemble : salles polyvalentes avec cuisines ouvertes, salle de bricolage, buanderies, chambres d’amis, jardin au milieu de l’îlot, jardins sur le toit avec pergola, barbecue et cuisine, etc. À Ramonville, l’Ouvert du canal, projet de 8 logements habité depuis 2013, vous accueillera le 5 mai de 11 heures à 14 heures, au 16 bis chemin de Mange Pommes.


Questions à Leslie Gonçalves, architecte de l’immeuble Abricoop, Seuil Architecture

«Un projet exemplaire»

Quelle a été pour vous la particularité de ce projet ?

Il a été très enrichissant. Il nous a appris à travailler différemment, en liaison directe avec les habitants. Tout a été décidé avec eux, c’est très agréable. Pour les ouvriers aussi : ce n’est pas l’appartement 12, mais l’appartement de Michèle ou Guillaume. Chaque appartement est différent, dessiné en fonction des besoins des habitants : un canapé d’angle, une plante imposante, etc.

Un moment vous a marqué ?

Une réunion marquante a été celle des choix d’économies à faire sur le projet, pour rentrer dans le budget travaux de 1 450 000 € HT. À cette occasion, 3 tables rondes avaient été simultanément tenues, chacune pilotée par un membre de la maîtrise d’œuvre et un habitant. Le reste des habitants passait de table en table pour débattre des pistes d’économies.

Quelles sont les qualités de l’immeuble que vous avez dessiné ?

L’immeuble sera à la norme RT 2012 «-20 %», étanche à l’air et à l’isolation phonique parfaite. Les habitants ont collaboré à tout : l’esquisse, le permis de construire, le choix des matériaux. C’est un engagement exemplaire.